Ce week-end avait lieu la Commémoration des 320 ans de la Bataille de Ramillies à la ferme de la Haute Cense. Revivons ensemble ce grand événement !
Les 22, 23 et 24 mai derniers, la ferme de la Haute Cense à Ramillies a accueilli les commémorations des 320 ans de la Bataille de Ramillies. Reconstitution historique, campement militaire, artisans, visites guidées et animations familiales : retour sur un week-end immersif qui a fait revivre l’un des événements majeurs de l’histoire européenne.
Une bataille historique méconnue
Lorsqu’on évoque les grandes batailles historiques en Brabant wallon (ou même en Belgique), c’est souvent Waterloo qui vient immédiatement à l’esprit. Pourtant, la Bataille de Ramillies, certes moins connue, a elle aussi joué un rôle déterminant dans le destin de l’Europe. Et c’est la raison pour laquelle la petite équipe des organisateurs de la Bataille de Ramillies 1706 s’est donnée la mission de conserver le souvenir de cet événement important et a mis les petits plats dans les grands à l’occasion de cette édition anniversaire.
Pour replacer l’événement dans son contexte, la Bataille de Ramillies, qui a eu lieu le 23 mai 1706, s’inscrit dans la Guerre de Succession d’Espagne. Elle s’est déroulée sur les territoires actuels de Ramillies, Taviers, Offus et Autre-Église. Ce jour-là, près de 122 000 soldats s’affrontèrent sur un champ de bataille long de 6 km : 60 000 Français commandés par le maréchal de Villeroy pour le compte de Louis XIV, face aux 62 000 hommes de la Grande Alliance dirigés par le duc de Marlborough. Les deux armées étaient composées de lignes d’infanterie, de cavalerie ainsi que d’artillerie. Villeroy avait décidé de provoquer la bataille malgré les ordres du roi car il pensait que Malborough était un général de second ordre mais c’est bien Marlborough qui fut le stratège de la bataille qu’il mena à terme en moins de 3h. L’armée française perdit 11 000 hommes dont environ 4 000 prisonniers, contre 500 à peine du côté allié. Démoralisées, les troupes de Villeroy ne cessèrent de reculer et perdirent ensuite les principales villes de l’actuelle Flandre (Gand, Bruges, Damme, Anvers et Ostende) avant de poursuivre les combats jusqu’à leur défaite finale.
Originaire de Ramillies, je reste toujours impressionné à l’idée qu’un tel affrontement ait eu lieu au cœur de nos campagnes aujourd’hui si paisibles.
Un programme riche pour les 320 ans de la bataille
Pour cette édition anniversaire de 2026, les organisateurs avaient vu les choses en grand ! Pendant trois jours, visiteurs passionnés d’histoire et familles ont pu profiter d’un programme particulièrement varié :
- une reconstitution historique avec plus de 70 reconstituteurs, des chevaux, pièces d’artillerie et bivouac militaire,
- un village des artisans,
- une visite guidée en petit train touristique qui faisait le tour du champ de bataille,
- un château gonflable pour les enfants,
- un espace horeca avec un bar ainsi que de nombreux food trucks,
- des conférences,
- une soirée folk et un concert de cornemuse interactif.
Petit, j’avais eu la chance d’aller voir une grande reconstitution, peut-être celle des 300 ans, qui se déroulait à l’origine à Autre-Église et qui m’avait laissé un souvenir marquant. Je me rappelle du campement de tentes blanches et des uniformes riches en couleurs, ainsi que d’une collection de boulets utilisés à l’époque et d’explications sur la mise à feu des canons. En me promenant dans le bivouac lors de cette édition, j’ai pu retrouver ces souvenirs et je suis sûr que de nombreux enfants s’en souviendront !
Une reconstitution historique spectaculaire
Cette année, la prairie de la ferme de la Haute Cense à Ramillies a d’abord tremblé au son du canon ! La reconstitution de la Bataille de Ramillies a débuté par un impressionnant échange de tirs au canon avant de laisser place aux manœuvres de cavalerie. Voir les cavaliers évoluer en uniforme d’époque, sabre à la main, était particulièrement spectaculaire. Les fantassins n’étaient pas en reste : salves de mousquets, déplacements tactiques et combats ont permis au public de mieux comprendre les réalités des affrontements du XVIIIe siècle.
Avec les fortes chaleurs du weekend, les reconstituteurs ont fait preuve d’un courage remarquable en évoluant toute la journée dans leurs lourds costumes historiques.
Au-delà du spectacle, cette reconstitution avait également une réelle valeur pédagogique. Elle permettait notamment de mieux comprendre les stratégies militaires qui ont conduit à la victoire rapide des troupes alliées.
Des bénévoles engagés et des passionnés venus de toute l’Europe
Derrière cet événement se cache une organisation portée par une petite équipe de six personnes, soutenue par de nombreux bénévoles et entre 70 et 85 reconstituteurs venus de plusieurs pays européens : Belgique, Pays-Bas, Allemagne ou encore Espagne. Cette diversité reflète d’ailleurs assez fidèlement la composition des armées de l’époque. Les troupes françaises comptaient notamment des régiments franco-bavarois, wallons et espagnols, tandis que la Grande Alliance regroupait Anglais, Hollandais, Espagnols et soldats locaux. Une grosse partie de l’Europe s’était ainsi affrontée lors de cette bataille.
J’ai eu le plaisir de retrouver Guillaume parmi les rangs de reconstituteurs, un ancien étudiant de la Maison du Tourisme désormais guide à la Citadelle de Namur. Le temps d’un weekend, il était devenu un soldat du régiment anglais au service de la reine, le « Anne Webb’s foot regiment ». Équipé d’un fusil Brown Bess du XVIII et d’un sabre, il était le parfait exemple d’un soldat de la bataille et il était disponible pour répondre aux questions des visiteurs, comme ses collègues reconstituteurs !
Le village des artisans, installé sur le court de tennis, l’allée et les écuries de la ferme, complétait bien l’événement. Une exposition consacrée à la bataille permettait également d’approfondir la découverte grâce à des cartes, objets d’époque, documents historiques et nombreuses explications, dont les chansons inventées après la bataille. Vous connaissez peut-être comme moi cette ancienne comptine :
Malbrough s’en va-t-en guerre.
Mironton, mironton, mirontaine,
Malbrough s’en va-t-en guerre
Ne sait quand reviendra (bis)
Rendez-vous l’année prochaine à Ramillies
Cette édition 2026 constituait une célébration exceptionnelle pour les 320 ans de la Bataille de Ramillies. Les prochaines éditions seront plus modestes, mais conserveront les activités qui font le succès de l’événement : reconstitutions historiques, exposition permanente et visites guidées du champ de bataille en petit train touristique.
Si vous avez manqué cette édition, n’hésitez pas à découvrir cet événement unique lors de sa prochaine organisation. Si vous souhaitez vous impliquer dans la prochaine édition de l’événement en tant que bénévole, vous pouvez contacter l’équipe de la commémoration via leur site.
Pour ma part, j’ai pris beaucoup de plaisir à retrouver l’ambiance chaleureuse et passionnée de cet événement emblématique du patrimoine du Brabant wallon. Un grand bravo aux organisateurs et à tous les bénévoles qui font vivre la mémoire de cette page importante de notre histoire.
Infos pratiques
Bataille de Ramillies
Chaque année, aux alentours du 23 mai
A Ramillies
Entrée payante
